Où je vais
Si la page Maintenant dit où j’en suis, celle-ci dit où je vais. C’est une boussole, pas un plan : volontairement incomplète, et faite pour bouger. Je l’écris à voix haute parce que je crois à la transparence sur ses intentions. Rien ici n’est gravé, tout est une direction.
Ma direction
Je choisis Kera. C’est encore une envie, mais elle a déjà des prémices de décision : je refuse désormais ce qui n’est pas Kera, et tout ce que j’accepte, je le fais rentrer dans Kera. Je sors progressivement de mes missions en parallèle pour viser un engagement à plein temps sur Kera courant 2027. Être le capitaine de sa direction, pour moi, c’est ça : choisir à quoi on se rend redevable, et s’y tenir.
Le Kera que je vise, c’est une quarantaine, une cinquantaine de personnes au maximum, pour qu’on se connaisse tous bien et qu’on puisse se réunir quelques jours régulièrement. Des gens à la fois brillants et agréables, une communauté chouette, pas des exécutants. Une grande partie de la production sera outillée par l’intelligence artificielle, donc je veux des gens qui pensent. Et j’aime profondément l’idée de faire grandir des juniors, même quand ça prend du temps.
Mon métier
Ce qui me manque et que je veux remettre au centre : apprendre de nouveaux sujets et les diffuser. En podcast, en conférences, et en trouvant le moyen de les porter aussi sur mon territoire, un peu dans l’esprit d’un Patrick Baud ou d’un Fabien Olicard. J’écoute beaucoup, je me nourris, et je veux que ça redevienne une démarche active : creuser des sujets pour en faire quelque chose et le partager.
Mon rythme
Une semaine de quatre jours, avec un vrai jour sans travailler. Sur un mois, trois semaines au bureau et une semaine de déplacement, pour des projets ou pour retrouver de l’équilibre. Des journées efficaces plutôt que des journées à rallonge, et dedans, sans négocier, ce qui me fait du bien : le sport, la méditation, le soin de moi. Les jours qui restent vont au temps en famille et au temps sur le territoire, des projets au service du lieu ou des projets plaisir, comme le théâtre d’improvisation ou le bénévolat associatif.
Ce que je ne veux plus
Plus de projets pris juste pour l’argent. La compétence et les belles rencontres peuvent rendre une mission acceptable, mais quand le seul vrai moteur est financier, je sais maintenant dire non.
Mon rapport à l’argent
Je veux que l’argent sorte de l’équation de mes choix. J’ai la conviction qu’une des clés de la sérénité financière, c’est justement qu’elle reste sobre et facile à atteindre. Ma plus grande fierté, c’est d’être sorti de la course sans fin, et je veux être sûr de ne jamais y retomber. En parallèle, j’aime l’idée de construire patiemment quelque chose qui dure, une logique de capitalisation sur le temps long, sans visée démesurée.
Les gens avec qui je veux créer
Ma famille d’abord, quoi qu’il arrive : faire des choses ensemble, des projets d’aventure à la maison, de la menuiserie, peu importe, du moment qu’on les fait à plusieurs. Ensuite des scientifiques, pour nourrir ma part curieuse et chercheuse. Et des actrices et acteurs qui font vivre le territoire, parce que je crois que c’est là, près de chez soi, que beaucoup de choses se jouent.
Ce que je veux transmettre à ma fille
Qu’elle soit un enfant heureux, qui vit au présent, sa vraie vie d’enfant. Je veux lui montrer que le bonheur est en grande partie une décision, qu’il dépend d’elle : les circonstances peuvent nous rendre tristes, joyeux ou en colère, mais en ligne de fond il y a une joie qui nous appartient. Et je veux l’emmener là où j’interviens, en conférence, lui faire cette liberté et lui montrer cette part de moi qui aime partager.
Rendre ce que j’ai reçu
Avant chaque projet, je me pose la même question : qu’est-ce que ça apporte au monde ? Si j’ai du mal à répondre, c’est que ce n’est pas mon projet. Plus j’avance, plus je veux être sélectif, et garder cette exigence d’impact, écologique ou social. Et le jour où certains projets connaîtront un vrai succès, je veux aller plus loin que les 5 % de mes revenus que je mets déjà de côté pour des causes : faire de l’immobilier à impact, monter des foncières solidaires ou des écolieux où l’on peut s’installer sereinement.
Ma liste, d’ici 2035
Volontairement en vrac et un peu trop longue. Ce que je veux avoir vu, fait, accompli, appris.
Avoir vu. Des baleines, en vrai. Ça compte beaucoup pour moi.
Avoir fait. Tenu dans la durée mon goût pour l’apiculture et la menuiserie, fabriqué des choses de mes mains, gagné en compétences sur la réhabilitation et la rénovation énergétique. Vécu plusieurs mois ailleurs, en famille. Écrit et publié quelque chose qui reste, un essai ou un roman graphique. Organisé chaque année une rencontre : réunir le temps d’un week-end, dans nos écolieux, des gens que j’admire et qui ne se connaissent pas, et leur offrir ça comme un cadeau. Mis en place des dîners réguliers, sur le territoire, avec des invités qui ne se connaissent pas encore.
Avoir accompli. Mené une transformation profonde chez au moins trois de nos clients, validée par le fait qu’ils sont devenus plus résistants et plus adaptables face aux crises. Fait de La B’Arc un lieu de vie joyeux, ouvert sur l’extérieur, inspirant et serein pour celles et ceux qui l’habitent, où l’on incarne un mode de vie sobre, ancré sur son territoire, avec une souveraineté choisie. Kera à plein régime sur le conseil, mes associés au même rythme, même sans que j’en sois le moteur. Un startup studio qui teste au moins un projet par an, dont l’un est devenu une structure qui change la vie de centaines de milliers de personnes.
Avoir appris ou compris. Comment être le capitaine de ma propre direction, sans avoir besoin d’un cap venu d’ailleurs. À mieux célébrer ce qui est accompli. À tenir dans la durée les choses qui me font du bien. Une compétence manuelle de plus chaque année.
Une boussole tenue à jour. Dernière révision : mai 2026.